[L’Indépendant] Enedis à Perpignan pour promouvoir la consommation locale d’électricité

 

Consommer son électricité en circuit court, on y vient. Comme la salade du maraîcher salanquais ou la côtelette d’agneau des Pyrénées. Le directeur d’Enedis Languedoc-Roussillon et la responsable du projet Smart Occitania sont venus ce jeudi à Perpignan, à l’occasion du salon Le Monde nouveau, présenter les objectifs régionaux liés à la transition énergétique.

D’ici 2050, l’Occitanie sera la première région à énergie positive”, entonnent en choeur Dominique Charzat et Isabel Garcia Burrel. Les deux responsables Enedis ont épousé les ambitions du conseil régional, dont ils sont partenaires, pour faire passer la part de production régionale d’électricité issue des énergies renouvelables d’un tiers aujourd’hui à un rendement à terme supérieur à la consommation. Trente ans pour inverser la tendance : le chantier est énorme, tant au niveau des infrastructures que de l’évolution des esprits.

Des moyens de productions délocalisés

Premier challenge pour le distributeur d’électricité : moderniser le réseau. “Aujourd’hui, avec les parcs éoliens, les fermes photovoltaïques etc. installés en milieu rural, les moyens de production sont délocalisés”, explique le directeur Languedoc-Roussillon d’Enedis. Or, cette énergie, produite dans les zones dépeuplées, doit être acheminée vers les centres urbains, où se trouve le plus gros de la demande.

A Perpignan, un 3e transformateur vient d’être installé pour renforcer la capacité de transport d’électricité. Dans l’Aude, un nouveau poste source est en projet au-dessus de Carcassonne. Autant d’investissements rendus nécessaires par ces évolutions. Et qui donnent un aperçu de ce qui nous attend dans les années à venir. Mais qui pourraient être allégés si l’électricité était consommée à proximité, sans emprunter des réseaux adaptés aux petites consommations de ces secteurs isolés, nouveaux pourvoyeurs d’énergie.

Des actions concrètes en exemple

C’est donc aussi du côté des habitudes de consommation que les curseurs doivent bouger. Ainsi, Enedis a lancé un projet baptisé Smart Occitania visant à accompagner cette transition énergétique dans les territoires ruraux. Plusieurs axes de travail sont sur la table : réduire la consommation, favoriser les projets pour accroître la production. En ex-enseignante, Isabel Garcia a choisi l’option “pédagogique”. “Nous allons,  auprès des élus, montrer les actions concrètes déjà réalisées partout en France“, avance la chef de projet.

Dans son balluchon, un bailleur social gardois qui a conçu une centaine de logements en autoconsommation grâce au photovoltaïque, une commune héraultaise également passée à l’autoconsommation collective pour alimenter ses bâtiments communaux, sa boulangerie et plusieurs logements. Le catalogue des arguments est épais. A la hauteur de l’enjeu pour la planète.

Sophie Babey – L’Indépendant
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