Le projet Smart Occitania va étudier les enjeux des réseaux électriques intelligents en dehors des grandes métropoles.

La transition énergétique n’est pas qu’un sujet urbain. avec Smart Occitania, «L’idée est de mettre en place un réseau électrique intelligent non plus dans une métropole, mais en milieu rural à la fois dans des zones montagneuses, semi-montagneuses et en plaine», décrit Jean Paoletti, directeur régional Midi-Pyrénées Sud d’Enedis. Le gestionnaire du réseau de distribution d’électricité coordonne ce projet doté d’une aide du Programme des investissements d’avenir : 2,6 millions d’euros, pour un budget total de 8 millions.

Smart Occitania durera trois ans et demi. Il couvrira tout le territoire de la région Occitanie hors des métropoles qui, comme Toulouse avec Sogrid, ont déjà fait l’objet de démonstrateurs. Il ne s’agit pas de recommencer les mêmes travaux, mais plutôt de les approfondir en tenant compte des spécificités du milieu rural. la communication par téléphonie mobile n’y fonctionne pas toujours. Internet n’est pas déployé partout avec un gros débit. Les réseaux électriques y sont aériens et très étendus. et «la question de l’acceptabilité des énergies renouvelables est plus sensible en milieu rural qu’en ville», illustre Matthieu Casaux, directeur régional Midi-Pyrénées Nord d’Enedis.

Concrètement, le projet sera divisé en trois lots. Le premier vise à démontrer l’efficacité de la communication par une solution radio à très basse fréquence. L’installation des capteurs a débuté au printemps, en Lozère et en Haute-Garonne. Cette technologie sera utilisée pour améliorer la surveillance du réseau et anticiper les situations de crise. Objectif : enrichir de 10 à 30% la qualité de fourniture d’électricité, c’est-à-dire diminuer le temps moyen de coupure dans l’année. «Au-delà de cet aspect technologique, la transition énergétique ne réussira que si le client devient acteur de sa consommation. C’est l’objet du deuxième lot» poursuit Matthieu Casaux. Celui-ci consiste à former différents profils de consommateurs à la transition énergétique : des particuliers, des industriels, des décideurs en collectivités locales, etc. Au passage, le but est de comprendre leurs attentes et de les traduire dans des cahiers des charges pour que des entreprises développent des solutions adaptées.

Outre la Région Occitanie et l’université de Perpignan, le projet réunit l’Institut de recherche en informatique de Toulouse ainsi que les sociétés Cahors et Actia. Mais il s’appuiera aussi sur tout l’écosystème régional de start-up et d’industriels. Enfin, le troisième lot portera sur le pilotage d’éléments du réseau, comme les stations de pompage et les hydroliseurs. L’enjeu est d’apprendre à les commander en temps réel en fonction des besoins. Le détail des expérimentations est en train d’être établi.

Environnement Magazine